02 mars 2008
"Vers une nouvelle guerre froide Chine-USA."
Par Gérald Fouchet.
Gérald Fouchet est politologue, écrivain et journaliste.
La rivalité géostratégique croissante entre les Etats-Unis et la Chine pour
la possession du Pacifique constitue une ligne de fracture mondiale très préoccupante
et augure d'une "nouvelle guerre froide" plus dangereuse que la première.
La Chine réarme. Pourquoi ?
Les faits, d'abord, implacables : la République populaire de Chine est le pays
au monde qui augmente son budget militaire dans les proportions les plus considérables
: le 6 mars, Pékin a annoncé une hausse des dépenses de l'armée de 17,7% en
2001, ce qui les porte à 141 milliards de yuans, soit 19 milliards d'euros ou
120 milliards de francs. Les experts occidentaux estiment que les dépenses
militaires réelles sont "deux à trois fois plus élevées que les
chiffres officiellement avoués" (Le Monde, 07/03/2001). Cette progression
brutale est la plus forte observée depuis vingt ans, et elle constitue la
treizième hausse consécutive qui dépasse les 10 %. A l'inverse de l'Europe
qui désarme et rogne sur ses budgets militaires, la Chine effectue donc un
effort de réarmement et d'accroissement massif de sa puissance militaire, supérieur
à celui de l'Allemagne entre 1933 et 1940 et à celui des USA après
Pearl-Harbor.
Pourquoi ?
Depuis toujours, on sait qu'un pays qui réarme obéit à deux hypothèses :
soit il se sent menacé et veut se protéger, soit il veut attaquer. Qui la
Chine veut-elle attaquer ? Taiwan, pour la reconquérir ? Non, car elle n'aurait
pas besoin de réarmer si fortement pour reprendre l'île ; et sa stratégie est
celle de la "persuasion" : la Chine veut récupérer Taiwan en douceur
; une guerre ruinerait la juteuse économie de la province perdue, dont la Chine
a besoin. Elle envisage Taiwan, comme une future "région autonome",
à l'image de Hong-Kong selon l'adage célèbre "un seul pays, deux systèmes
économiques". Le général Régis de Marsan, suggérait (in Le Soir
28/02/2001) "qu'il faut mettre en parallèle le budget militaire chinois
avec la dépopulation de la Russie". Serait-ce donc la Russie que la Chine
veut attaquer ? On sait qu'elle pourrait revendiquer une partie de la Sibérie
orientale, où s'infiltrent ses migrants. On se souvient des combats sino-russes
sur l'Amour des années 60. Là n'est pourtant pas la préoccupation géopolitique
chinoise ; l'Empire du Milieu ne se sent nullement menacé par la Russie pas
plus que par l'Inde (d'autant que les Russes lui fournissent toujours des armes,
notamment les chasseurs-bombardiers Sukhoï.) Elle a intérêt à entretenir de
bons rapports avec ces deux puissances continentales. Pour quelles raisons alors
la Chine réarme-t-elle ? Parce que les Chinois subodorent la possibilité d'un
conflit majeur, au XXIème siècle, avec la grande superpuissance
thalassocratique : les Etats-Unis. La Chine, nation (comme la France) à la fois
maritime et continentale a compris que le Pacifique, actuellement sous contrôle
américain, allait devenir un lieu de friction majeur. N'oublions pas également
que les deux superpuissances militaires à partir de 2015 seront les Etats-Unis
et la Chine. Cette dernière prévoit donc une situation similaire à celle de
la "guerre froide" Occident-URSS des années 1947-1991. Et, dans le
cadre de ce réarmement, il faut savoir que la Chine n'accroît nullement ses
effectifs terrestres (ce qui serait le cas dans l'hypothèse de conflits
frontaliers continentaux) mais, comme par hasard, 1°) elle muscle sa flotte de
haute mer et sous-marine - Pékin envisage le lancement de porte-avions - et son
aviation ; 2°) elle améliore ses capacités balistiques et nucléaires, préparant
aussi des satellites-espions militaires ; 3°) elle revalorise toutes les
soldes, pour motiver son armée. Les Chinois se préparent donc bien à un
conflit de type "post-moderne", centré sur la guerre électronique,
les missiles, les avions, les sous-marins et les satellites, un conflit qui
aurait inévitablement un aspect (partiellement) nucléaire. Le Pentagone s'en
est parfaitement rendu compte.
Les vraies raisons du bouclier anti-missiles américains.
Au mépris des accords de désarmement nucléaire SALT - et en désaccord formel
avec la Chine, la Russie et la France - M.G.W. Bush veut doter son pays d'un
bouclier d'intercepteurs anti-missiles (NMD) capables d'abattre en vol d'éventuelles
têtes nucléaires lancées contre le territoire américain (1). Il rompt par là
"l'équilibre de la terreur", qui a évité toute guerre atomique grâce
à la "destruction mutuelle assurée" (MAD, mutual assured
destruction) ; cette dernière repose sur un pacte implicite entre puissances
nucléaires, selon lequel l'agresseur, en étant certain d'être foudroyé par
une riposte atomique, est dissuadé de lancer ses bombes A ou H. Mais, si un
pays - en l'occurrence les USA - possède un bouclier anti-missiles, il peut se
permettre tout type de guerre contre une puissance nucléaire sans craindre de
riposte sérieuse.
Les commentateurs de la presse internationale affirment que les Américains
veulent se protéger contre d'éventuelles frappes balistiques atomiques
"d'Etats-voyous" ou "Etats-terroristes" (rogue States),
c'est-à-dire la Corée du Nord, l'Iran, l'Irak, la Lybie, etc. Les services de
presse de la Maison Blanche confirment évidemment cette version. Pourtant, elle
est peu crédible. Les pays susmentionnés ne sont pas fous ni suicidaires. Ils
savent qu'ils ne sont pas de grandes puissances mondiales. Dans l'hypothèse
(hautement improbable) où ils pourraient se doter de missiles nucléaires à
longue portée capables d'atteindre les USA, ils ne prendraient pas le risque
stupide d'une agression qui provoquerait sur leur sol une riposte dévastatrice.
En réalité, tout indique que le Pentagone envisage un affrontement majeur avec
la Chine dans les vingt ans, et entend se donner les moyens de frapper (pas forcément
atomiquement d'ailleurs) sans risque de contre-offensive nucléaire sur le
territoire américain. Bref, la thèse que nous proposons est la suivante : le
NMD, le bouclier anti-missiles américain, est probablement destiné à protéger
les USA d'une menace atomique chinoise. La logique de la dissuasion nucléaire
s'apparente à la fois au jeu d'échec, et aussi, au jeu de go : les dirigeants
américains savent très bien (et nous en parlerons plus bas) que la Chine,
compte tenu de ses 1,25 milliards d'habitants, craint beaucoup moins qu'eux les
frappes nucléaires. Sa protection est sa démographie. Ce projet américain de
défense anti-missiles balistiques (NMD) défendu par l'administration Bush, est
considéré en Chine comme une mesure agressive, presque un casus belli.
Traditionnellement, contrairement aux Occidentaux, les Chinois emploient un
langage très diplomatique et masquent toute hostilité de langage. Quand cette
dernière apparaît, c'est que les choses sont graves. Sha Zukang, le négociateur
chinois sur le désarmement, pouvait déclarer : "Les Etats-Unis auront une
position à la fois défensive et offensive. Je ne crois pas que les autres
puissances nucléaires toléreraient une supériorité et une sécurité américaines
absolues, alors qu'elles se sentiraient dans une situation d'insécurité
absolue." Il récidiva en ces termes au cours d'une conférence de presse
au Canada : "Je hais le NMD, produit d'une mentalité américaine de guerre
froide, de gens qui se cherchent de nouveaux ennemis, la Chine peut-être..."
Et puis, il eut cette phrase, très calculée, mais lourde de menaces : "La
Chine est trop grosse pour que les Américains l'envoient sur la Lune. Les
Chinois sont sur la terre depuis 5 000 ans et y resteront à jamais."
Enfin, signe aussi inquiétant, l'influent Teng Jianqun, rédacteur en chef de
l'officiel World Military Review écrivait à demi-mot, toujours à propos du
NMD, le bouclier spatial anti-missiles nucléaires américain, que ce dernier était
en fait destiné à préparer une guerre contre la Chine ; il notait :
"quand un pays prépare une confrontation avec la Chine dans l'espace, nous
devons y prêter une grande attention."
N'oublions pas ce fait central, que la thalassocratie américaine en dépit de
son discours officiel ultra-pacifiste et humanitariste est une "nation impériale"
fondée sur la guerre et la fonction militaire. Les USA ont besoin de la guerre
(la "guerre juste", la croisade contre les méchants, évidemment),
non seulement pour des raisons économiques - l'industrie d'armement est une
locomotive techno-industrielle et financière - mais pour maintenir leur statut
mondial de "protecteurs-dominateurs" du monde. Depuis 1941, les USA
sont le pays au monde qui a mené le plus grand nombre d'opérations militaires
et de bombardements hors de ses frontières. Mais sans jamais craindre pour
l'intégrité de son territoire. Là, les choses changent : ils n'ont plus
affaire à des petits pays, Vietnam, Panama, Serbie, etc. mais à l'énorme
Chine, terrifiant challenger qui, avec ses 1,25 milliards d'habitants, peut
supporter les saignées de frappes nucléaires, et qui se dote actuellement de
missiles à longue portée ! La perspective est bien pire que face à la défunte
URSS. Rompant radicalement avec la politique de Clinton, le Président Bush
junior a déclaré, début mars, ce que la presse a très peu relevé, mais qui
est pourtant capital : "La Chine est une rivale et non un partenaire stratégique."
Une guerre aura peut-être pour théâtre et enjeu central le Pacifique et
opposera éventuellement les USA et la Chine, d'ici 2010. Quel en sera le prétexte,
sur quels litiges éclatera-t-elle ? Pour l'instant, nul ne le sait. Mais, à
l'inverse des myopes et imprévoyants politiciens européens qui "n'ont
plus d'ennemis", qui ne se sentent plus menacés par personne, qui désarment,
pour qui la fonction militaire n'est plus qu'une force de police d'interposition
humanitaire, les stratèges américains ont lu Clausewitz ; ils raisonnent à
long terme et savent que la guerre est toujours possible, demain, entre deux
puissances majeures même si, aujourd'hui, on n'en connaît pas les prétextes
exacts. Cela dit, l'enjeu global d'un tel affrontement, nous le devinons
facilement : c'est la domination de l'Océan pacifique.
Analyse des formes d'un conflit naissant.
Donc un conflit majeur pour la suprématie entre la Chine et les Etats-Unis est
probable, mais non certain, pour le XXIème siècle. En tous cas, une rivalité
constante au cours du XXIème siècle est absolument évidente. Elle prendra
soit les formes de conflits ouverts, soit d'une tension permanente, avec
toujours le risque de frappes nucléaires. Toute la question est de savoir quel
camp choisiront l'Union européenne, la Russie, l'Inde et les Etats musulmans.
Quoi qu'il en soit, une nouvelle guerre froide commence. La Chine apparaît
comme le surgissement dans l'histoire d'une future hyper-puissance telle que
l'humanité n'en a encore jamais vue. Le regretté Alain Peyrefitte dans son
ouvrage "Quand la Chine s'éveillera" l'avait prédit : la Chine sera
au XXIème siècle un Etat unifié représentant 1/5ème de l'humanité. Jamais
un cas semblable ne s'était produit.
Quels sont les rapports entre Pékin et la nouvelle administration républicaine
et pourquoi se dégradent-ils ? Beaucoup plus que du temps de Clinton,
l'entourage de Bush redoute la montée en puissance militaire de l'Empire du
milieu. Quian Qichen, vice-premier ministre, conseiller diplomatique du chef de
l'Etat et du PC chinois, s'est rendu à la Maison Blanche le 22 mars. La Chine
n'étant plus, selon les déclarations de M. Bush, un "partenaire stratégique"
mais un "concurrent stratégique", Pékin tente de désamorcer la méfiance
américaine, selon la technique du jeu de go : endormir puis étouffer
l'adversaire plutôt que de le provoquer ; pratique traditionnelle en Chine
depuis les Empereurs Ming, où selon le précepte de Lao-Tseu, repris par Mao,
il faut toujours "sourire à son ennemi le plus dangereux et montrer les
dents à son plus petit ennemi." La Chine tente donc d'apaiser les craintes
du grand rival américain, mais ne se gêne pas pour couvrir Taiwan
d'invectives. Pourtant, un document interne au PC chinois de mars 2001, postérieur
à l'élection de M. Bush, révèle que le but géostratégique de la Chine est
de "contrer le développement de l'hégémonisme et de la loi du plus
fort." Que signifie cette formule sibylline ? Les Chinois ont le temps, ils
calculent toujours à long terme. Leur objectif est, dans un premier temps, non
seulement de récupérer Taiwan, l'île rebelle, pour des raisons autant économiques
que politiques, mais aussi, dans un deuxième temps, de distendre les liens
protecteurs entre les USA et leurs deux principaux alliés asiatiques : la Corée
du Sud et le Japon. Dans un troisième temps, la Chine entend reprendre la maîtrise
du Pacifique, commerciale et militaire - y compris sur l'Australie où elle
encourage une immigration chinoise - en s'efforçant notamment de faire fermer
les bases américaines comme celle d'Okinawa. La Chine se donne environ vingt
ans pour atteindre cet objectif. Or ce dernier est aussi inacceptable pour les
USA qu'une alliance géostratégique, hors de l'Otan, entre l'Europe péninsulaire
et la Russie ("Eurosibérie"). Le double cauchemar du Pentagone, c'est
que la thalassocratie américaine se voie éliminée du Pacifique par la Chine,
et du continent euro-russe par une remontée en puissance de la Russie, alliée
à une Union européenne rompant avec l'Otan. Mais rien ne pourra détourner la
Chine de sa visée sur le Pacifique où elle veut se substituer au protecteur américain.
Elle sait qu'économiquement et géostratégiquement le Pacifique - autour
duquel vivront en 2020 les deux tiers de l'humanité - sera au XXIème siècle
ce que furent la Méditerranée et l'Atlantique pour d'autres siècles. La Chine
préférerait évidemment obtenir cette hégémonie qui la consacrerait comme
superpuissance sans conflit avec les USA. Mais un conflit ne lui fait pas peur.
La nouvelle position américaine est la suivante : si la Chine, dont les
ambitions semblent démesurées, rompt la pax americana dans le Pacifique, ce
sera un casus belli. L'administration Bush entend que la Chine reste une
"puissance intermédiaire", comme l'Inde ou le Japon. Or, les Américains
ont commencé à passer à l'offensive : on se souvient du bombardement
"accidentel" de l'ambassade chinoise à Belgrade, qui était destiné
à tester le niveau de riposte de Pékin, d'après les services secrets
italiens. Plus récemment, ils accusent la Chine d'aider technologiquement ce
"rogue State" (Etat voyou) que constitue l'Irak, ce qui est
probablement une accusation fondée. Ils envisagent de vendre à Taiwan des frégates
anti-missiles munies du système radar Aegis, (à la suite de la vente par la
France des frégates La Fayette), ainsi que des missiles (pour contrer les récentes
fusées M9 et M11 pointées par la Chine sur sa côte méridionale), qui
rendraient difficile une attaque contre l'île ; ils bloquent l'adhésion de la
Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), de peur d'être submergés
par les produits agricoles chinois subventionnés. Et, fin mars 2001, les
Etats-Unis décidaient de parrainer une résolution devant la commission des
droits de l'homme de l'ONU qui siégeait à Genève pour "condamner les
graves violations des droits de l'homme en Chine."
Un autre point litigieux, assez explosif, mérite d'être mentionné : la
question capitale de la réunification des deux Corées, inévitable à long
terme, du fait du désastre constitué par le régime de Pyongyang. Pour
l'instant, Pékin soutient à bout de bras le régime de Kim Jong Il. Son
objectif est la création d'une Corée réunifiée sous la houlette chinoise,
avec un système "capitaliste autoritaire" comme à Hong-Kong.
L'objectif américain est apparemment proche, mais totalement inverse : la création
d'une Corée unique, puissance économique et militaire conséquente, sous hégémonie
américaine. Le but des USA est clair : intimider la Chine et la contenir par
trois "révolvers" et concurrents braqués contre elle, le Japon, la
Corée et Taiwan. Pékin, vis-à-vis de ces Etats essaie de jouer de l'argument
de la "solidarité ethnique" des Asiatiques face aux Occidentaux.
Un autre point de friction est le Vietnam. Washington a perdu la première
manche, puisque, grâce à l'aide chinoise, le Vietnam du Nord a infligé à
l'Oncle Sam la première défaite militaire de son histoire. Mais les USA
veulent prendre leur revanche, une revanche "pacifique", mais qui
suscite l'exaspération du PC Chinois : aider le Vietnam à se "décommuniser",
en faire un pays capitaliste qui revienne dans le giron américain. L'impéritie
économique et les besoins financiers du régime de Hanoi vont dans le sens de
la stratégie américaine, d'autant que les Vietnamiens sont historiquement très
méfiants vis-à-vis des Chinois, avec lesquels ils ont connu des affrontements
militaires sporadiques (victorieux pour les Vietnamiens) sur la frontière nord,
après la réunification.
Vers un nationalisme capitaliste chinois.
L'essentiel est de comprendre que, dans toute l'histoire de l'humanité, la
cause des conflits et des guerres n'a jamais été principalement idéologique,
mais nationaliste. La guerre froide entre l'Occident et le communisme n'a jamais
dégénéré en guerre chaude, parce qu'au fond, le conflit était d'abord idéologique,
entre le communisme et le capitalisme. En revanche, la Seconde guerre mondiale a
débuté, on l'oublie trop souvent, non pas par une lutte entre le
national-socialisme allemand, le fascisme italien, les démocraties occidentales
et le communisme, mais sur une rivalité nationaliste et géopolitique des pays
européens : Allemagne, Russie, France, Royaume-Uni, etc. L'idéologie
n'intervient que comme prétexte, comme "dérivé" aurait dit le
sociologue Pareto. De même aujourd'hui, ce qui est très inquiétant dans la
rivalité naissante entre la Chine et les USA, c'est qu'il ne s'agit plus d'un
conflit idéologique entre le communisme chinois et le capitalisme américain,
logique totalement dépassée, mais du retour à une rivalité géopolitique
classique de puissances. La Chine ne cherche plus du tout, comme du temps de
Mao, à défendre le messianisme communiste, à exporter son modèle en Extrême-Orient,
ni à prendre la tête d'une croisade des pays pauvres contre le capitalisme
occidental. La Chine a troqué le communisme contre le nationalisme. Son
objectif, très rusé, est double 1°) Conserver un régime autoritaire à parti
unique, militariste, dans le but de devenir la première puissance mondiale vers
2020. 2°) Pour davantage d'efficacité, le PC Chinois a décidé, sous la présidence
de Jiang Zemin, de passer progressivement à une économie capitaliste (à deux
vitesses, note) - ce qui inquiète le Pentagone, puisque les USA ont fini par
comprendre qu'un adversaire avec une économie de marché était plus performant
et dangereux qu'un adversaire au communisme paralysateur. A ce niveau, les Américains
sont pris dans le filet d'un douloureux dilemme : en commerçants ataviques, ils
ne peuvent pas faire autrement que d'investir dans le marché chinois, qui est
appelé à devenir colossal (les USA sont le premier investisseur étranger),
mais, ce faisant, ils renforcent le régime, contribuent à moderniser le géant,
à accroître sa richesse (et donc ses capacités techno-militaires) et à se
fabriquer un redoutable concurrent commercial, capable d'entraîner le Japon
dans son orbite.
Un des atouts américains est que Pékin est pour l'instant mal vu de ses
voisins asiatiques ; ils préfèrent de loin une hégémonie américaine à une
hégémonie chinoise, qui serait beaucoup plus brutale. C'est pourquoi, le PC
chinois ne cesse de multiplier les déclarations de bonnes intentions envers
tous les pays de la région, à commencer par le Japon, auquel sont ouvertes les
portes des investissements en Chine du Sud.
L'aggravation des relations sino-américaines.
Le litige le plus crucial et le plus dangereux porte sur la capacité chinoise
à se doter de missiles nucléaires de longue portée. La Chine a procédé,
depuis 1990, à un accroissement constant de ses performances spatiales à
partir des fusées Longue Marche (inspirées de la technologie soviétique),
capables de satelliser plusieurs tonnes. Cela veut tout simplement dire que la
Chine teste aussi par là des vecteurs intercontinentaux ICBM, simples ou
"mirvés" (2), capables d'atteindre les USA. La technique balistique
militaire fait appel, en effet, aux mêmes ressources et connaissances que les
programmes de satellisation.
Les relations sino-américaines se sont encore aggravées le 23 mars 2001 par la
défection aux USA d'un officier supérieur, un colonel de l'Armée populaire de
libération (APL). Pis encore : son épouse a trouvé refuge aux USA par
l'entremise de l'ambassade américaine à Pékin, ce que les Chinois considèrent
comme une humiliation et un "incident grave." Et quant à la visite de
Qian Qichen, vice-premier ministre chinois, à la Maison-Blanche, le 22 mars,
que nous évoquions plus haut, elle fut un échec notable, puisque les Chinois
n'y ont pas obtenu la renonciation américaine à la vente à Taiwan d'un
bouclier anti-missiles Aegis (3). Ce point était pourtant crucial pour Pékin.
M. Bush et son secrétaire d'Etat, le "faucon" Colin Powel, grand
artisan de la Guerre du Golfe, entendent appliquer à la lettre le Traité de
protection de Taiwan signé en 1979 (4), alors que M. Clinton était prêt à négocier
une éventuelle réunification en douceur, selon un "processus à la
Hong-Kong".
Un autre grave contentieux entre Pékin et Washington, très peu connu du public
et peu évoqué par la presse européenne, porte sur l'interdiction par le PC de
la liberté religieuse, et notamment sur la discrète répression du
christianisme. En septembre 2000, une campagne de destruction des églises par
dynamitage aurait commencé. Plusieurs milliers d'édifices ont été détruits,
prétendent les Américains ; ce que nient évidemment les dirigeants chinois.
C'est une des raisons pour lesquelles l'administration Bush vient d'accuser la
Chine devant le comité des droits de l'homme de l'ONU, réuni à Genève (voir
plus haut). Pour les dirigeants chinois, cette insistance américaine sur les
"droits de l'homme" dans leur propre pays, cette critique constante du
caractère "dictatorial" et "répressif" de leur régime
constitue, selon le terme consacré, une "insupportable ingérence",
une humiliation, qui rappelle l'époque semi-coloniale des "traités inégaux"
et des "concessions territoriales" du début du XXème siècle. Les
Chinois ont été extrêmement vexés par la déclaration suivante de M. Bush
(lors de la visite, citée dans cet article, de M. Qian) : "Nos invités ne
seront pas surpris si je dis que je crois à la liberté religieuse et qu'il
serait sans doute beaucoup plus facile d'aller de l'avant de manière
constructive dans nos relations si nos interlocuteurs honoraient les libertés
religieuses à l'intérieur de leurs frontières." (5) Pour les Chinois, il
s'agit là, non seulement d'ingérence, mais d'impérialisme moral. Exigent-ils,
eux, des Etats-Unis et de l'Occident, qu'ils appliquent les règles culturelles
chinoises ? Soulignons là, d'ailleurs, une divergence philosophique et idéologique
fondamentale entre la Chine et l'Occident - plus particulièrement les USA. On
sait que, dans l'histoire, les cassures philosophiques entre les civilisations,
les "ruptures de vision du monde", selon l'statement du politologue
Julien Freund alimentent les inimitiés, et attisent les conflits géostratégiques.
Cette divergence ne porte nullement sur le choix d'un système socio-économique
(du type communisme contre capitalisme), ce dont les Chinois, en bons
pragmatiques, se moquent. Elle porte sur l'éthique universaliste des droits de
l'homme et de la démocratie à l'occidentale que les dirigeants chinois
contestent absolument. En disciples de Confucius et de Lao-Tseu, bien plus que
de Marx, les Chinois prônent le relativisme et non l'universalisme. Pour eux,
la notion de démocratie et la philosophie des droits de l'homme ne sont
applicables qu'à l'Occident, pas aux autres aires civilisationnelles. De plus,
ils contestent la pertinence de ces notions, arguant que les Etats-Unis eux-mêmes
- donneurs de leçons - ne respectent pas leurs propres principes hypocrites,
par exemple en bombardant la Serbie ou l'ambassade de Chine à Belgrade.
En conclusion.
N'oublions pas que la Chine et les Etats-Unis s'étaient déjà affrontés
militairement en 1951, pendant la guerre de Corée, et indirectement, pendant la
guerre du Vietnam. On remarquera que jamais les Etats-Unis et l'ancienne URSS ne
s'étaient affrontés directement.
Les deux grandes lignes de fracture et de risques de conflits du XXIème siècle
concerneront un affrontement Islam-Europe et Islam-Inde d'une part, et Chine-USA
d'autre part.(Islam Occident Chine USA)
Comme l'a démontré Alexandre Del Valle dans deux de ses récents ouvrages, et
dans plusieurs de ses articles universitaires, la politique étrangère américaine
vise à neutraliser les rivaux européens et russes en jouant la carte de
l'Islam, comme la guerre de Serbie l'a démontrée. Mais les USA ont une préoccupation
plus grave sur leur flanc ouest : neutraliser la Chine. Ils se sentent donc une
île thalassocratique encerclée, obligée de contrôler le Grand Continent menaçant.
Il y a une constante dans l'histoire des guerres, qui obéit à un étrange
paradoxe, que les géopoliticiens nomment "le paradoxe de la Guerre de
Troie." Il peut se formuler ainsi : les guerres ouvertes éclatent entre
deux puissances ou deux coalitions sur des prétextes particuliers et imprévisibles,
qui ne sont jamais les causes fondamendales ; ces dernières sont une rivalité
globale, stratégique, économique, ethnique, etc. qui ne cherche qu'une étincelle,
au fond secondaire, pour dégénérer en conflit ouvert. La fameuse Guerre de
Troie immortalisée par Homère, opposait en fait les jeunes cités gréco-achéennes
à la ville-Etat de Troie, installée près du Bosphore, et redoutable rivale
commerciale et militaire. Le prétexte futile du déclenchement des hostilités
et de l'expédition d'Agamemnon fut une jalousie amoureuse (l'enlèvement de la
belle Hélène par les Troyens). Mais la véritable cause du conflit était la
volonté géostratégique des Grecs d'éliminer leurs concurrents orientaux et
de s'approprier la mer Egée.
Bien des guerres peuvent s'analyser selon cette grille, qui distingue les prétextes
des causes essentielles, des toiles de fond. Or, dans le cas du conflit
potentiel Chine-USA, nous pouvons repérer une toile de fond structurelle extrêmement
chargée en hostilité : rivalité pour l'hégémonie sur le Pacifique ; crainte
des USA, devenus unique superpuissance, de voir réémerger un concurrent
autrement plus dangereux que la défunte URSS, parce que beaucoup plus peuplé,
et parce que puissance à la fois continentale et maritime, ce que n'est pas la
Russie ; crainte aussi des Américains de la concurrence économique et
technologique mondiale de l'Empire du Milieu et de sa formidable masse démographique
; renouveau du nationalisme chinois qui prend conscience de son immense
puissance et qui a une dette à régler, une revanche à prendre contre un
Occident qui l'aurait humilié depuis le début du XXème siècle avec les
"traités inégaux". Etc.
Bref, la "toile de fond" conflictuelle est particulièrement
dangereuse. Le contentieux Chine-USA est beaucoup plus lourd que l'ancien
contentieux USA-URSS, parce qu'il est géostratégique et non plus idéologique,
et aussi parce qu'il s'apparente, comme l'a vu Samuel Huntington, à un choc de
civilisations.
C'est pourquoi, comme les guerres franco-allemandes des XIXème et XXème siècles,
qui pouvaient éclater sous n'importe quel prétexte, on ne peut pas dire que le
"problème de Taiwan" sera nécessairement la cause d'un affrontement.
Tout autre prétexte peut surgir. L'avenir est toujours ouvert, tout est
possible. D'ici à 2020, la rivalité sino-américaine ne fera que s'accroître,
comme un baril de poudre qui ne cesse de se remplir. Mais nous ne connaissons
pas le nom de la mèche qui le fera exploser. Pour résumer cette analyse, nous
dirons qu'un affrontement global entre l'Amérique du Nord et la Chine constitue
un des risques majeurs au XXIème siècle, sans que nous puissions savoir le prétexte
de son éclatement, ni la forme qu'il prendra. Quoi qu'il en soit, un esprit
philosophique pourrait remarquer que nous allons assister au XXIème siècle à
l'affrontement de la plus ancienne civilisation du monde (la Chine), un peuple
long vivant et homogène, selon l'statement de Raymond Ruyer, et de la plus récente
(l'Amérique), qui est d'ailleurs davantage une société qu'une civilisation
historique, un peuple hétérogène et court-vivant.
07 février 2008
France-Tchad : le vrai deal politique
Le conflit qui a
éclaté entre les forces rebelles tchadiennes et le gouvernement d’Idriss Deby commence
à trouver une issue, on peut dire, prévisible. Apres une déstabilisation du régime
tchadien par les rebelles, le gouvernement français à décider, enfin, de voler
au secoure de son allié tchadien. En retour, il demande l’amnistie des
activistes de l’Arche de Zoé au président Deby. Le deal politique a tenu ses
promesses.
Arche de Zoé ou l’histoire des commandos
humanistes
La France protége le régime tchadien et
Deby amnistie les français
Reste au président tchadien à faire sa part, en graciant les activistes de l’Arche de Zoé. Ce qui devrait plus tarder, comme il le déclare lui-même lors de sa première conférence de presse après l’attaque, « si la France le demande, il n'est pas impossible que j'étudie cette question, puisque l'amnistie figure dans mes attributions présidentielles». Les avocats des inculpés s’activent à Paris pour la mise en marche des procédures d’amnistie.
Image : Xinhua
22ÈME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE CHEIKH ANTA : Grandeur d’un homme à dimensions multiples
Vingt-deux ans déjà que Cheikh Anta Diop n’est plus. Ce savant sénégalais qui a donné son nom à l’Université de Dakar vit le jour en 1923 dans un petit village du Sénégal, Caytou dans la région de Diourbel. Intellectuel, chercheur et homme politique, il a oeuvré pour le retour de la conscience historique de l’Afrique. Dans ses thèses qui ont remis en cause la recherche naguère consacrée, il a toujours soutenu l'antériorité de la civilisation africaine.
Cheikh
Anta s’est battu durant son existence pour rendre à l’Afrique le rôle
que l’Occident lui a volé dans la civilisation universelle. Il a lutté
contre "la vision d'une Afrique anhistorique et atemporelle, dont les
habitants, les Nègres, n'ont jamais été responsables, par définition,
d'un seul fait de civilisation, s'impose désormais dans les écrits et
s'ancre dans les consciences". Il a développé beaucoup de thémes. Le
premier est "l'origine de l'homme et ses migrations".
Par là, il a
révélé que l’Afrique reste le berceau de l’humanité. Ainsi, il a tracé
le processus de différentiation biologique de l’humanité, de
sémitisation, et l'identification des grands courants migratoires et la
formation des ethnies africaines. Le deuxième thème reste la parenté
qui existe entre l’Egypte ancienne et l’Afrique noire. Il a commencé
par le peuplement de la vallée du Nil, en passant par la genèse de la
civilisation égypto-nubienne, la parenté linguistique, la parenté
culturelle et pour finir sur les structures socio-politiques. "L'apport
de l'Afrique à la civilisation" ce thème était celui de sa conférence
de Niamey. Il a rendu à l’Afrique ce qui lui revient de droit et que
l’histoire lui a refusé. Il s’agit : "De la métallurgie, l'écriture,
les sciences (mathématiques, astronomie, médecine...), les arts et
l'architecture, les lettres, la philosophie, les religions révélées".
Pour Cheikh Anta, "l'Égypte marque le début de la civilisation".
A
l’en croire, "tous les savants de l’Occident avant Jésus ont fait
l’école de l’Egypte à savoir Pithagore, Thales, Archimède, Platon,
Socrate" pour ne citer que ces derniers. Malheureusement, ces derniers
n’ont pas été reconnaissants car dans leurs écrits, ils n’ont pas eu la
latitude de mentionner leur source. C'est dans ce contexte hostile et
obscurantiste que Cheikh Anta Diop, par une investigation scientifique
méthodique, a remis en cause les fondements même d'une certaine
recherche occidentale relatifs à la genèse de l'humanité et de la
civilisation. La renaissance de l'Afrique était au centre de ses
positions scientifiques. "La restauration de la conscience historique,
m'apparaît comme une tâche incontournable à laquelle je consacrerai ma
vie" a-t-il affirmé. Contre vents et marées, Cheikh a résisté et a
réussi à se faire entendre. Lors d'une de ses conférences à Niamey en
1984, dans une salle remplie d’Africains, il leur a fait comprendre
qu’au-delà "du berceau de l’hamanité", ils sont les précurseurs de "la
civilisation universelle". Il a servi des réponses aux historiens de
l’Occident. C’est le cas du Britannique Arnold Toynbee qui disait que
"l'Afrique noire ne constitue pas un champ historique intelligible".
A
ce dernier s’ajoute l'anglo-saxon Basile Davidson avec sa question :
"Le Noir est-t-il un homme sans passé ?" Pour Cheikh Anta, c’est
l’homosapien-sapien qui a traversé le détroit de Gibraltar pour
répandre sa civilisation en Europe. Il a rendu compte de l'évolution
des peuples noirs africains, dans le temps et dans l'espace. Pas
n’importe comment. Il a respecté l’ordre des choses depuis le début de
l’humanité jusqu’à la rencontre des civilisations.
Intellectuel, chercheur et homme politique
Le
Pr. Cheikh Anta Diop a publié plusieurs oeuvres majeures dont "Nations
nègres et culture" en 1954, "l’Unité culturelle de l’Afrique noire" en
1959, "Parenté génétique de l’Egyptien pharaonique et des langues
négro-africaines" en 1977. Chercheur, il a fondé en 1966 un laboratoire
de datation des échantillons archéologiques par la méthode du
radiocarbone, en collaboration technique avec le laboratoire de
Gif-sur-Yvette du Commissariat à l’Energie atomique (France).
Comme
homme politique et adversaire de l’ancien président Léopold Sédar
Senghor, il a créé successivement trois formations politiques : le Bloc
des masses sénégalaises (BMS) en 1961, le Front national sénégalais
(FNS) en 1963 et le Rassemblement national démocratique (RND) en 1976.
28 décembre 2007
UE-Afrique : non aux paternalistes européens et oui aux partenaires asiatiques
En allant au sommet de Lisbonne qui s’est tenu du 8 au 9 décembre dernier, les chefs d’Etat africains sont arrivés avec un message clair destiné aux dirigeants européens : “on veut coopérer d’égal à égal; si vous ne le comprenez pas, l’Orient n’est pas loin”. Fini les APEs et autres vestiges du colonialisme, on veut tourner la page de cette période sombre des relations UE-Afrique.
“Nous ne voulons plus de paternalisme”. C’est en ces termes que le premier ministre marocain a résumé la nouvelle vision de coopération des pays africains. En fait tous, presque d’une seule et même voix, ont défendu la cause africaine pour changer les termes du partenariat Europe-Afrique qui a montré, à travers les siècles, rien qu’un désir de sauvegarde des privilèges économiques traditionnels et de maintien d’un pouvoir politique de plus en plus incertain sur le continent.
Le colonel Kadhafi est sorti encore une fois de ses gonds comme à ses habitudes pour demander une réparation et des excuses de la part des européens suite à l’esclavage et à la colonisation. Mais comme le mal est déjà fait, il faut essayer de passer aux choses plus importantes, cher Guide de la Jamahiriya, bien que le devoir de mémoire soit toujours d’actualité. En d’autres termes les africains peuvent pardonner mais doivent refuser d’oublier.
Comme l’a souligné le président Kuffuor du Ghana, l’Afrique veut un “nouveau partenariat fondé sur le respect mutuel”. On coopère avec ceux qui veulent coopérer d’égal à égal, et pour les paternalistes comme Nicola Sarkozy, que j’apprécie pour son pragmatisme mais pas pour ses idéaux politiques, on les oublie. A ce que je sache, la France n’est pas le seul pays européen qui a des intérêts en Afrique, surtout à l’heure actuelle. Son discours controversé qu’il a tenu à Dakar a montré qu’il existe encore aujourd’hui dans le monde des chefs d’Etat qui vivent toujours dans l’esprit du XVIIIeme siècle. Heureusement que tous les Français ne pensent pas comme lui.
Par ailleurs, cette cohésion des pays africains qui s’est fait remarquer à Lisbonne, commence à être fragilisée. En effet, certains pays comme la Cote d’Ivoire ou le Ghana, ont décidé de ne pas s’aligner sur la même longueur d’onde que les autres Etats en ce qui concerne le rejet des Accords de Partenariat Economique (APE). Ces derniers sont une sorte de clauses de libre échange entre l’Union Européenne et les pays africains, qui sont basées principalement sur des accords préférentiels et une ouverture graduelle des marchés au deux niveaux. Mais ceux-ci sont considérés comme de véritables bombes à retardement par les présidents Mbeki d’Afrique du Sud et Wade du Sénégal. Ce qui présage de nouvelles tensions au sein même des organisations interrégionales comme la CEDEAO ou l’Union Africaine, qui était jusque la plus ou moins uni derrière le rejet des APEs.
Le président Wade et Mbeki appellent les intellectuels africains à s’approprier le débat sur ces accords économiques. Car après tout, en cas de tâtonnement et d’erreurs politico-économiques, comme ça a été souvent le cas avec les ajustements structurels du FMI, les négociations de Doha ou les accords de Lomé et de Cotonou, ce sont toujours les populations africaines et les générations futures qui risquent d’en payer les conséquences. L’Afrique a trop perdu de temps, c’est le moment d’en gagner.
Une saine coopération entre les deux continents reste un élément majeur pour leur prospérité mutuelle. Donc il y a un besoin réciproque de partenariat qui est indéniable. Ce qui fait dire au président Kuffuor que “ l’Europe a autant besoin de l’Afrique que l’Afrique de l’Europe”. C’est en comprenant cela tout simplement que les relations UE-Afrique pourront réellement fonctionner, quitte à ce que les pays africains, réorientent leur boussole, continuent leur virage vers l’Orient et jettent leurs ancres en Chine, en Inde ou à Singapour. Il faut que les dirigeants africains apprennent à faire preuve de realpolitik et de « realeconomik ». Les études actuelles ont montré que le dynamisme économique mondial n’est pas dans le Vieux monde mais bien en Asie. Donc raison de plus d’exiger des dirigeants européens la mise en place d’une “stratégie de développement AVEC l’Afrique” et non “une stratégie de développement POUR l’Afrique”, comme ça a été toujours le cas dans le passé.
03 décembre 2007
Simulation de la Conference sur la securite internationale
Un des meilleurs exercices que j'ai fait de tout mon programme de science Po. Il s'agissait de representer une grande puissance et de traiter un aspect de sa politique de defense. Et moi , I was representing the United kingdom, j'etait un analyste militaire attache au Ministry of Defence(MoD)!!!. Et mon travail portait sur la relation particuliere qui existe entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, surtout dans le domaine militaire et de la defense. Un exercice que je recommande a tous les professeurs de science Po, et principalement ceux qui sont en Relations Internationales. Je l'ai fait avec un professeur exceptionnel, que je considere comme le meilleur en matiere militaire et des etudes de defense; il s'appele Beylerian Onnig.
Si j'arrive a l'uploader alors vous pourrez voir le Powerpoint .
01 décembre 2007
Guinée - Sénégal - Trafic : Sur la route des trafiquants d’enfants
Afrik.com
Dans
le nord de la Guinée Bissau, un autocar tout délabré transportant 17
enfants stationne, dans l’obscurité, sur le bas de côté d’une route
paisible. Son chauffeur attend de l’autocar en tête de convoi le signal
pour traverser illégalement la frontière avec le Sénégal.
Pendant près de 24 heures, ces enfants sont restés sans boire ni manger, alors que le chauffeur attendait, des heures durant, le signal de départ ; mais ce signal n’est jamais venu.
A minuit, le premier autocar du convoi a été intercepté par les forces de police avant qu’il n’atteigne la frontière. Le jour suivant, le deuxième autocar a été arrêté. Quant au troisième et dernier véhicule, il n’a jamais été retrouvé. Les trois autocars convoyaient des enfants de Guinée Bissau vers des plantations de coton du sud du Sénégal où ils étaient censés travailler.
Ce convoi, qui participait à une des trois présumées opérations de trafic de mineurs – impliquant 140 enfants originaires de toutes les régions du pays – a été arrêté le mois dernier par la police bissau-guinéenne. Sept individus – dont un Sénégalais et six Bissau-guinéens – sont actuellement aux mains de la police de Bafatà, une localité du centre-nord de la Guinée Bissau.
Le trafic d’enfants est une pratique courante entre la Guinée Bissau et le Sénégal où – comme dans le reste de l’Afrique de l’Ouest – les frontières sont poreuses. Mais de plus en plus, la police et les autorités locales tentent de réprimer le trafic de mineurs utilisés pour travailler dans les champs de coton de la région agricole du sud du Sénégal ou dans les rues animées de Dakar, la capitale.
« C’est une chose que je fais souvent »
Incarcéré dans un centre de détention de Bafatà – où il n’existe pas de réelle prison – Aliu Mballo est assis à même l’herbe, tout souriant. Il fait partie du groupe d’individus arrêtés dans le cadre du démantèlement de la récente opération de trafic d’enfants, et ne considère pas son acte comme un délit.
« C’est une chose que je fais souvent », a confié à IRIN le jeune recruteur d’une trentaine d’années. Pour lui, le séjour au Sénégal des enfants – âgés entre quatre et 19 ans – leur permet de gagner de l’argent en faisant un travail qu’ils auraient habituellement fait sans être payé. « Les plus jeunes sont affectés aux corvées d’eau et de bois, tandis que les plus âgés travaillent dans les champs. C’est exactement ce qu’ils font chez eux ».
Mais la majorité des enfants de Guinée Bissau ainsi amenés au Sénégal finissent comme talibés – des enfants contraints à la mendicité dans les rues et qui reçoivent en retour un enseignement religieux dispensé par des chefs religieux ou marabouts.
Mendicité et bastonnade
Jorge Menendez* avait probablement une dizaine d’années lorsqu’un marabout, qui connaissait son père, est venu chez eux, à Bafatà, pour l’emmener avec lui. Jorge ne se souvient pas de son âge ou plus exactement du temps passé loin de sa famille ; au moins deux ou trois ans, selon lui. (Les associations travaillant avec les enfants victimes du trafic de mineurs déterminent le temps passé hors de Guinée Bissau en fonction de la maîtrise que ces enfants ont du Wolof, la langue la plus répandue au Sénégal.)
Le marabout avait promis au père de Jorge d’enseigner le Coran à son fils, et le jeune garçon n’avait pas eu son mot à dire. De Bafatà, il a été transporté à Gabù, dans l’extrême est du pays où il a travaillé pendant quelques temps dans une plantation de coton avant de passer la frontière pour entrer au Sénégal. Il a ensuite été confié à un autre marabout de Ziguinchor, la capitale du sud du Sénégal, qui lui a enseigné le Coran.
Quelques temps plus tard, le premier marabout est revenu le chercher pour le conduire dans son daara – ou école coranique – (souvent le domicile du marabout à Dakar.
« J’ai passé tout mon temps à mendier », a expliqué en Wolof Jorge, à IRIN. « Chaque jour, je devais rapporter 350 francs CFA (0,79 centimes de dollar) au marabout ; sinon, j’étais battu. C’est mon pire souvenir ».
Une centaine de milliers d’enfants mendiants
En 2004, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) estimait à quelque 100 000 le nombre d’enfants mendiants au Sénégal (près d’un pour cent de la population), dont la majorité était des talibés. Selon Jean Dricot, représentant de l’UNICEF en Guinée Bissau, la plupart de ces enfants mendiants sont originaires de Guinée Bissau.
« Ils ne vont pas à l’école et n’ont pas accès aux soins de santé. Ils dorment à 40 ou 50 dans une chambre, passent toute leur journée à mendier dans les rues et reçoivent de l’argent qu’ils doivent reverser le soir à leur marabout », a expliqué M. Dricot.
Aujourd’hui, Jorge est de retour dans son pays, grâce à l’action de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de Ginddi, un centre d’accueil public sénégalais, deux institutions parmi les nombreuses autres œuvrant pour le rapatriement des enfants en Guinée Bissau.
Réprimer le trafic
Grâce aux actions de plus en plus importantes des organisations locales et internationales, certains enfants ont pu échapper à cette expérience. Les forces de police affirment être plus vigilantes depuis que la police, les autorités régionales et les responsables locaux ont appris au cours d’ateliers organisés par l’OIM, l’UNICEF et des ONG locales, que les déplacements illicites d’enfants mineurs à l’étranger constituaient un délit. Ce message est passé jusqu’au niveau des villages et les récentes arrestations ont été rendues possibles grâce aux informations transmises à la police par un villageois.
« Nous voulons combattre ce trafic. Nous voulons que nos enfants restent dans notre pays », a dit Ousmane Baldé, agent au service de la protection civile de la section Femmes et enfants de la police régionale de Bafatà. Cette année, la police a intercepté 301 enfants originaires des régions de Bafatà et de Gabù qui se rendaient au Sénégal.
Et le combat a aussi lieu sur d’autres fronts. L’association SOS-enfants talibés tente de combattre une croyance populaire selon laquelle la mendicité forge le caractère d’un garçon en lui enseignant l’humilité ou que faire l’aumône est une obligation pour tout musulman.
« Notre arme [pour convaincre la population] est le Coran. Exploiter les enfants ou les envoyer uniquement dans des écoles coraniques ne sont pas des obligations de l’Islam », a expliqué le coordinateur Malam Bau Ciro dont le père était un maître coranique. M. Ciro a traduit le Coran en portugais, la langue officielle de la Guinée Bissau, afin d’étayer ses affirmations.
Avec l’aide de l’ONG Plan International, l’association SOS-enfants talibés dirige une école où on dispense des cours en arabe et en portugais, le Coran, et d’autres matières classiques comme les mathématiques. Plan International a également construit cinq écoles sur le même modèle et apporte son soutien à 35 autres établissements dans lesquels des maîtres coraniques sont appuyés par des enseignants qui enseignent d’autres matières.
Malgré ces efforts, le trafic d’enfants de Guinée-Bissau continue et serait même en hausse, à en croire certaines associations locales. Dans un rapport publié en 2003, l’UNICEF estimait que chaque année près de 400 000 enfants africains étaient victimes de trafic et étaient employés pour des tâches domestiques, la prostitution, le travail dans les magasins et les champs, ou comme éboueurs ou vendeurs ambulants.
* Le vrai nom de Jorge n’a pas été révélé pour protéger son identité.
26 novembre 2007
Chavez-Ahmadinejad : la nouvelle coalition nucléaire ennemie
Le président vénézuélien Hugo Chavez
vient de faire comprendre au monde que son pays a l’intention de
développer une technologie nucléaire à des fins pacifiques. En effet,
face aux différents problèmes que suscite actuellement le programme
nucléaire iranien, il est à envisager que cette décision du président
vénézuélien va remettre de l’huile sur le feu déjà allumé par le
président Ahmadinejad.
"Le Venezuela va aussi développer son programme nucléaire à des fins pacifiques, comme le font le Brésil et l’Argentine", a déclaré Hugo R. Chavez. Cette décision, venant au mauvais moment, est loin d’être une bonne nouvelle pour l’administration Bush. Principalement à cause de la “menace” iranienne persistante.
Le président Chavez, comme il l’a démontré lors de ses sorties médiatiques, n’hésite jamais à chaque fois qu’il en a l’occasion de critiquer le président Bush et le peuple américain en général. Présentement en Iran pour une visite à son “frère” et ami iranien, il n’a pas manqué de traiter les Américains d’impérialistes et de renouveler ses menaces économiques vis à vis de Washington.
Ce qui fait dire qu’on pourrait s’attendre à une vague de pressions diplomatiques de la part de Washington sur les autorités de Caracas, comme c’est le cas actuellement avec l’Iran. Le président Bush pourrait effectuer une opération similaire de diabolisation et créer un sentiment de menace nucléaire permanente sur ses alliés de l’OTAN. Et la machine de propagande pourra être remise en route pour contrer cette nouvelle “coalition nucléaire ennemie” qui apparait dans l’axe Caracas/Téhéran. La secrétaire d’État américain, Condoleezza Rice, pourrait se voir bientôt charger de cette mission auprès des États alliés des États-Unis dans le sous continent américain.
Cependant, le problème qui se pose actuellement, c’est le départ prochain du président Bush (qui ne peut se présenter à nouveau après deux mandats) et l’arrivée au pouvoir, selon l’avis des experts, d’un président démocrate (Hillary Clinton ou Barack Obama). En effet, le fait que la philosophie politique des démocrates ne soit pas axée principalement sur les questions de sécurité et de menace permanente, pourrait être une opportunité pour tous les pays ayant des visées nucléaires, aussi bien pacifiques que militaires, de voir leur rêve se concrétiser d’ici quelque temps .
Peut-être que les experts en politique étrangère autour du président Chavez ont decelé cette opportunité et sont prêt à faire preuve de “virtu”, comme dirait Machiavel, pour se doter de cette technologie bénéfique, autant au plan énergétique que militaire.
Cependant la question majeure qui se pose actuellement est de savoir si Hugo Chavez devrait être perçu par Washington comme une menace pour le monde, comme l’est à présent le président Ahmadinejad. Si c’est le cas, le prochain gouvernement est-il prêt à proférer des menaces contre le sixième producteur de pétrole au monde (plus de 87 milliards de barils recensés) et l’un des principaux fournisseurs d’or noir des États-Unis (soit 1,5 millions de barils par jour) ?
En ces temps de perturbations récurrentes du marché pétrolier, la dépendance énergétique américaine pourrait être l’élément déterminant dans la gestion de cette nouvelle donne de la politique mondiale.
image: AP
18 octobre 2007
Le rush vers Azkaban
On pourrait bien se demander ce qui se trame actuellement dans la tête des chefs d’États africains. On a l’impression qu’une opération concertée de muselage de la presse est en marche dans le continent.
Au moment où ces lignes sont écrites, des journalistes africains continuent à subir la pression croissante des autorités politiques et les arrestations se multiplient un peu partout. Même au niveau des États traditionnellement reconnus comme étant des démocraties exemplaires, on note actuellement une fréquence accrue des pressions à l’encontre de la presse. Que cela soit au Niger, au Mali, au Sénégal, en Gambie….la liberté d’expression est en danger actuellement dans ces pays.
Moussa Kaka, un journaliste guinéen de la radio Saranouya Fm, a été incarcéré depuis le 27 septembre 2007 pour des raisons d’ordre politique. D’après les autorités, il serait responsable de complicité en vue de l’attaque d’un responsable nigérien. En termes techniques cela signifie : «complot contre l’autorité de l’État».
Il est toujours derrière les barreaux.
Récemment, Reporters Sans Frontières a lancé un appel aux autorités nigériennes pour une libération immédiate du journaliste.
Plus à l’ouest, et précisément au Sénégal, un journaliste du nom de Moussa Gueye (encore un Moussa), chef de publication de l’Exécutif, un quotidien privé sénégalais, continue, lui aussi, à subir les pressions de la police.
Aux dernières nouvelles Moussa Gueye aurait été transféré à la maison d’arrêt de Dakar, pour inculpation d’«offense en la personne du Chef de l’État».
Le 20 juin dernier, au Mali, quatre journalistes ont été écroué pour des raisons similaires, c’est à dire pour «complicité d’offense au Chef de l’État»; Il s’agit de : Sambi Touré, directeur de publication d’Info-Matin, Ibrahima Fall, du Républicain, Alexis Kalambry des Echos, et Haméye Cissé du Scorpion.
Ils auraient publié des articles relatant une partie de la vie privée du chef de l’État malien, son « Éminence » le General Amadou Toumany Touré.
Même si ces deux derniers pays, sont connus traditionnellement pour être des démocraties exemplaires, les journalistes sont victimes de pressions fréquentes et même parfois d’arrestations qui, pour la plupart sont juridiquement non fondées, mais politiquement teintées.
A quelques kilomètres de là, en Gambie, les représentants d’Amnesty International et un journaliste continuent à subir les harcèlements des autorités gambiennes. Leur forfait a été de vouloir trop fouiner dans les recoins de l’État gambien, qui est accusé par plusieurs ONG internationales de mauvais traitements vis-à-vis des prisonniers (principalement politiques), et de non respect de l’État de droit. Aussi, le président gambien est assez souvent accusé de faire des arrestations arbitraires, et des accusations plutôt extravagantes.
La clé d’Azkaban
Ce qui ressort principalement de ce bref survol, c’est l’argument commun utilisé pour l’inculpation de ces journalistes : «offense en la personne du chef de l’État», «atteinte à la sécurité de l’État», «complicité en vue d’une déstabilisation de l’ordre public et politique», «atteinte à une haute autorité de l’État», «complot contre les intérêts de la nation»….Ces expressions fourre-tout , dont seuls les magistrats ont le secret de la conception, sont les véritables bourreaux des journalistes et des opposants africains.
Il faut remarquer que la stratégie d’intimidation marche à merveille. Si à chaque fois qu’un journaliste africain publie un article compromettant les intérêts d’une autorité étatique, il se voit envoyer une lettre de convocation pour répondre aux limiers, il n’est pas surprenant de voir une certaine appréhension négative quant au traitement de l’information véritable; il existe une certaine méfiance par rapport aux informations qui offrent d’office des tickets en direction d’Azkaban (prison des sorciers dans Harry Potter). C'est-à-dire la vraie information qui donne aux populations une compréhension effective des manœuvres obscurantistes et autres opérations douteuses, qui, rappelons le, aspirent la majeure partie des fonds destinés au développement du continent. C’est clair que dans ce contexte, il est tout à fait logique de faire en sorte qu’il y ait le moins de bruit possible. On vous comprend très bien chers dirigeants.
De l’enfer érythréen aux paradis béninois
L’Érythrée détient pour le moment le record africain et … mondiale en ce qui concerne les agressions portées à la liberté de presse : fermeture de toutes les organes de presses privées, arrestations arbitraires de 15 journalistes depuis septembre 2001 (dont 4 sont morts en prison),…arrestations d’opposants,…détention du président du syndicat des étudiants,…etc. A l’heure actuelle, les journalistes vivent l’enfer du coté d’Asmara.
L’Eldorado des journalistes africains restent pour le moment le Bénin et la Namibie. Dans ces pays, les hommes de presse sont libres de traiter toutes les informations sans jamais être inquiétés. Le Bénin reste, selon le classement RSF 2006, le pays où la liberté d’expression est presque permanente. La sauvegarde de cet héritage démocratique doit être une priorité pour les dirigeants béninois et namibiens. Et même pourquoi pas considérer cette liberté de la presse, comme un véritable patrimoine national à sauvegarder comme les autres. Ce qui créerait sans doute l’envie des autres chefs d’États africains et en même temps charmerait la communauté internationale qui ne tardera pas à réagir, notamment en haussant les investissements privés.
09 octobre 2007
Communique de presse
Communiqué de presse L’attaque des soldats de la mission de appelle le deploiement immediat des forces hybrides de l’onu/ua La Rencontre la Défense La RADDHO Une enquête doit être immédiatement ouverte par l’Union Africaine et les Nations Unies pour tirer toutes les conséquences de droit de cette attitude criminelle et irresponsable. Tous les acteurs impliqués dans le conflit sont concernés par la recherche de la vérité sur cette affaire. Enfin cette attaque appelle la coordination des opérations humanitaires, des actions pour la consolidation du processus de paix et la mise en œuvre de la justice pénale internationale. La RADDHO · Le déploiement immédiat des forces hybrides de l’union Africaine et de l’ONU, dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1769 ; seul moyen de protéger de façon efficace la sécurité des populations civiles ; · La consolidation du processus de Paix sous la supervision de Salem Ahmed Salem et Jan Eliasson ; · L’application des dispositions pertinentes de la CPI La RADDHO Plusieurs délégations et personnalités ont été contacté (africaines, Union Européenne, pays arabes, Chine, Soudan, etc.) mais également Salim Ahmed Salim Médiateur de l’Union Africaine et Mary Robinson Ancien Haut Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme.
26 septembre 2007
La France : la vraie menace pour Ahmadinejad
Par Elhadji Mor Ndiouga Diop
"La France doit s’attendre au pire" et le pire c’est la "guerre" contre l’Iran. Bernard Kouchner n’a pas prononcé ces paroles pour le plaisir, au fond de ces mots on peut lire un désir caché de la France de reprendre du terrain sur la scène internationale. C’est ce qui explique ces alertes qui tendent de plus en plus vers le rouge.
Nombreux sont ceux qui pensent que s’il doit y avoir bombardement de l’Iran, ce seront les Etats-Unis qui seront les premiers à l’exécuter, d’autant plus que Condoleeza Rice et Georges Bush n’arrêtent pas de multiplier les discours de haine et de mépris contre l’Iran, Etat membre par excellence de l’Axe du mal. Mais à y regarder de plus près, cette possibilité devient de plus en plus faible.
Actuellement embourbés dans le ’bourbier’ irakien jusqu’ à envisager un retrait des troupes, pris au dépourvu par la dextérité des "martyrs" afghans, les GI’S et leur commander-in-chief Georges Bush doivent en avoir marre de ces fedayins sans scrupules. Aussi, au niveau interne, la récession économique augmente le scepticisme vis-à-vis du gouvernement américain. Tout ceci porte à croire que c’est le moment de prendre une petite pause de la part des faucons et autres va t-en guerre de la Pennsylvania Avenue. C’est l’instant idéal pour passer la balle aux copains européens.
Et il se trouve que le meilleur « capteur » européen n’est personne d’autre que Nicolas Sarkozy, le président de la République française, le nouveau chouchou des médias internationaux. Le tempérament de celui ci lui donne le privilège d’être un bon candidat pour continuer la mission de Washington au Moyen Orient. Lui-même ne s’y est pas trompé ; dès son arrivée à l’Elysée, il annonce déjà un caractère plutôt « 007 ». Toujours en action.
La France, à travers son nouveau président, veut se replacer sur l’échiquier mondial en tant que puissance à part entière. Et actuellement, tout porte à croire que le meilleur moyen de le montrer, selon eux, c’est une offensive militaire orchestrée en coordination avec les alliés atlantistes, surtout américain.
Ce qui fait que pris d’un excès de zèle ou simplement ayant fait un « lapsus volontaire », son ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, lui, voit déjà ses F-16, ses B52 et autres machines de guerres dans les mers du Golfe entrain de larguer des missiles sur Natanz, Bushehr ou Téhéran. Mais heureusement que Sarkozy, lui, reste vigilant et n’hésite pas à faire reporter la déclaration de guerre pour un proche futur.
Peut être coïncidence des événements, maintenant ce n’est plus Bush qui répond au président iranien Ahmadinejad, c’est bien Sarkozy qui s’en charge, même sur les tribunes des Nations Unies.
Par ailleurs, il se trouve que l’excitation verbale des hommes politiques français ne se limite plus entre les murs des cabinets ministériels, le discours est passé aux medias et maintenant il commence à être employé au niveau des casernes, comme dans cette base militaire à Angoulême, où le premier ministre François Fillon a fait mention de la « dangerosité » et de « l’extrême tension » de la situation . Ce qui a, sans doute, mis la puce à l’oreille des généraux français comme quoi la bataille est imminente et qu’il faut se "preparer à la guerre" .
Peut être que Sarkozy et Kouchner, ne sont pas assez informés (et ça j’en doute) de l’actualité dans cette région. Car il se trouve que les mollahs et autres ayatollahs se préparent eux aussi au « pire ». Sarkozy devrait demander conseil au Canada qui, rien que pour des missions humanitaires, se voit infliger tous les jours de lourdes pertes tant au plan matériel qu’humain.
Et enfin, il est clair qu’avec cette nouvelle équipe française, le gouvernement américain peut prendre des vacances pour un moment. Car ce qui est sûr et certain c’est que la France de Sarkozy est prête à prendre la relève et elle n’hésitera pas à faire sentir sa force de frappe dans toutes les régions où le national interest français (et même atlantiste) sera menacé.
Image : Porte avion Charles De Gaule.

